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Marielle de Sarnez, vice-présidente du Mouvement Démocrate et députée européenne, était l'invitée, samedi 22
août, des premiers ateliers d'été de "l'Espoir à gauche" qui avaient lieu à Marseille.
Elle s'est exprimée dans le cadre de la table ronde consacrée à « une nouvelle majorité progressiste pour la France : comment et avec qui ? ». (Seul le prononcé fait foi).
"Vous m’avez invitée. J’y ai été très sensible. J’ai accepté votre invitation, je veux vous dire pourquoi.
Nous venons d’horizons divers. Nous exprimons des histoires, des idées qui peuvent être différentes. Nos parcours, nos itinéraires respectifs, nos chemins ne sont pas les mêmes. Et c’est heureux. Nos émotions, nos indignations, nos priorités, notre appréhension du monde ne sont pas toujours les mêmes non plus. Et c’est tant mieux.
Nous venons d’horizons divers mais nous partageons la même inquiétude pour notre pays. Et nous portons, je le crois,
pour l’essentiel, le même jugement sur le pouvoir en place. Nous n’aimons ni sa façon de faire, ni sa façon d’être.
Un pouvoir qui aggrave les inégalités.
Nous n’acceptons pas qu’il fragilise certains des piliers de notre république, alors qu’il nous faudrait au
contraire les renforcer dans les temps de délitement et de perte de repères que nous vivons. Tout ce qui permet de construire un pays : une éducation de qualité, respectée,
soutenue ; une recherche de pointe, qu’elle soit fondamentale ou appliquée ; un système de santé dont chacun soit sûr, patients et médecins, et personnels de soin ; une justice
équitable ; des forces de l’ordre républicaines sereines parce qu’assurées de leur mission, de leurs moyens et de leurs règles ; une société d’intégration active ; tout cela est
aujourd’hui fragilisé, déstabilisé, sans perspectives.
Nous n’acceptons pas que ce pouvoir ait renoncé, idéologiquement, à faire vivre notre principe d’égalité, qu’il continue d’aggraver les inégalités déjà si lourdes de la société française. Je pense à la transmission d’héritage. Je pense au bouclier fiscal. Surtout dans un moment où les efforts à consentir vont peser exclusivement sur les classes moyennes.
Nous sommes en désaccord profond avec sa façon d’être. Nous récusons l’ultrapersonalisation du pouvoir, son hégémonie, et sa partialité. La démocratie, c’est le pouvoir pour le peuple, et non pour les amis du pouvoir. Et la démocratie, c’est le pouvoir avec limites et non sans limites. C’est pourquoi, nous soutenons depuis longtemps l’idée d’une République nouvelle, d’une VIème République, qui institutionnalise une séparation réelle des pouvoirs entre l’exécutif, le législatif, le judiciaire, mais aussi le monde des affaires, et le monde des medias. Un pouvoir qui organise en son sein des contre pouvoirs réels, renforce celui de l’Assemblée en changeant le mode de scrutin pour qu’enfin la France, toute la France, dans ses diversités, soit représentée dans notre Parlement.
Nous venons d’horizons divers, mais si nous croyons qu’il y a de l’insupportable dans ce qui se fait aujourd’hui, et qu’un nouveau monde est à dessiner, alors ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous oppose.