Fusionnées début 2009, l’ANPE et l’Assédic subissent de plein fouet l’augmentation vertigineuse du chômage. Censée simplifier les recherches des demandeurs d’emploi, Pôle Emploi la nouvelle
structure qui les regroupe, cristallise les mécontentements. A tel point que le gouvernement envisage d’embaucher des agents “de façon temporaire”
Sale temps sur l’emploi. Après une fin d’année 2008 sinistre, les chiffres du chômage pour le premier semestre donnent un aperçu de l’ampleur de la crise actuelle. Et ce n’est pas fini : le
président de l’Unedic tablait, le 1er mars dernier, sur au minimum 300.000 nouveaux chômeurs d’ici la fin de l’année 2009. Au rythme actuel (3000 par jour), ce serait plutôt un million… Et
encore, les 2,2 millions de chômeurs actuellement recensés ne concernent que ceux qui cherchent un travail à temps plein et à durée indéterminée (catégorie 1). Autant dire que la réalité est bien
pire, déjà.
C’est dans ce contexte catastrophique qu’est intervenue, début janvier, la fusion tant annoncée entre l’Assédic et l’ANPE. Avec un objectif avoué : créer un guichet unique permettant au
demandeur d’emploi de trouver au même endroit un suivi pour la recherche d’emploi et de formation, et de quoi faire ses démarches d’indemnisation.
Les difficultés de Pôle Emploi sont tellement nombreuses que tous les acteurs concernés, y compris les organisations syndicales favorables à la fusion, dénoncent des conditions de travail qui ne
permettent pas de répondre aux besoins des usagers ou à l'attente des salariés. Ces derniers doivent désormais accomplir deux missions radicalement différentes : l'aide au placement et
l'indemnisation.
Qu’en est il à Joinville ?
Dans ce contexte de crise, les nuages noirs qui s’amoncellent sur Joinville n’augurent rien de bon. Ni pour Pôle Emploi, ni pour ceux qui devront pousser sa porte.
A partir d’aujourd’hui (10 juillet 2009), l'ancienne agence Anpe de Joinville-le-Pont
située au 5-7 rue Hippolyte Pinson ne sera plus présente. La raison ? La fusion avec les Assédic et une réorganisation de ses services avec le guichet unique.
Après la fermeture définitive de l'antenne ANPE, les demandeurs d'emploi Joinvillais iront dans un premier temps pour leur suivi à l’agence Pôle Emploi de Nogent-sur-Marne sis 3-5 rue Jean Monnet
puis au Pôle Emploi de Saint-Maur au 66, rue Elias Howe.
Alors que le nombre de chômeurs augmente considérablement à Joinville, les demandeurs d’emplois Joinvillais voient disparaître tous les services publics locaux qui pouvaient les accompagner
jusqu’ici. Au moment où notre pays traverse une crise économique d’une exceptionnelle gravité, le service emploi Agora aurait pu renforcer son rôle d’accompagnement auprès des demandeurs d’emplois et développer le partenariat par la mise en place
d’ une co-traitance avec le Pôle Emploi.
Cette offre de services de proximité était une réponse efficiente à l’inquiétante progression du chômage qui touche cruellement les demandeurs d’emplois joinvillais confrontés chaque jour à la
perte de leur emploi, au chômage partiel ou total, à la fin de leurs droits. La fermeture définitive d’Agora a mis un terme au suivi
personnalisé.
Malheureusement, la perception de la situation de l’emploi par le maire et de sa majorité se réduit et se limite au seul Centre Communale d’Action Sociale (CCAS) dont l’emploi n’est pas sa
vocation ni sa mission principale. De surcroît, depuis le 1er juin, le RSA ( Revenu de Solidarité Active) a été généralisé. Selon Martin Hirsch
(Haut commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté), il concerne sept millions de
Français. Pour Joinville, le chiffre n’a toujours pas été communiqué, Pôle Emploi voit donc arriver en masse de nouvelles personnes à accompagner, le plus souvent très éloignées, et depuis
longtemps, du marché du travail.
C’est un nouveau service public qui a disparu à Joinville. Après la fermeture en 2008 du Centre d’Hébergement d’Urgence (CHU) de l’avenue Galliéni, après l’arrêt du service JASPE (Joinville
Accueil Prévention Ecoute), la fermeture définitive du service emploi Agora montre clairement l’absence d’une véritable politique sociale et en particulier de l’emploi de la part du maire et de
sa municipalité.
C’est donc un très mauvais coup porté auprès des plus de 1.000 Joinvillais en recherche d’emplois qui attendaient certainement une autre réponse au moment où ils en ont le plus besoin.
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